Les amis du théâtre de la liberté de Jénine

Interview de Faisal Abu Alhayjaa par Akram Mohammed, publié le 14 janvier 2016 dans « The New Indian Express »

« Nous libererons d’abord les esprits puis la terre de Palestine »
jeudi 14 janvier 2016

Traduction en français de l’interview de Faisal Abu Alhayjaa par Akram Mohammed, publié le 14 janvier 2016 dans « The New Indian Express »

http://www.newindianexpress.com/cities/Bengaluru/We-Will-Liberate-Minds-in-Palestine-then-the-Land/2016/01/14/article3226462.ece

La libération, c’est un mot-clé pour l’acteur palestinien du Théâtre de la Liberté. Il sent que la population de Palestine a gravement besoin que l’occupation et les atrocités commises contre elle s’arrêtent.

« L’occupation n’est pas que physique. Les esprits et les opinions sont également affectés. Par l’art, on veut libérer d’abord l’esprit et ensuite le pays » dit-il. En dépit de ses efforts et bien que la troupe de théâtre soit maintenant connue, elle a rencontré une sérieuse opposition de la part des conservateurs avant qu’ils ne prennent conscience de la puissance des représentations.

« Le Freedom Theatre a dû combattre plusieurs malentendus à propos de l’Islam. Les conservateurs étaient inflexibles contre le fait qu’hommes et femmes soient ensemble sur scène. Leur règle était que le théâtre et la musique sont haram (péché). Cependant, après avoir vu le spectacle, leurs opinions sur nos activités ont changé » dit-il.

Résistance

Le théâtre ne résiste à l’occupation que par l’art. « Nous pensons que l’art peut changer des groupes, toucher les gens et leur donner la force de lutter pour leurs droits » dit-il.

"On donne souvent une image déformée des Palestiniens » selon lui.

« Les organes de presse internationaux présentent toujours le peuple de Palestine comme des terroristes qui veulent se faire sauter pour partir au paradis. C’est pourquoi beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce qui se passe en Palestine et dans les pays autour de nous. La Palestine est « officiellement » occupée depuis 1948, les familles sont divisées et les Palestiniens n’ont qu’un droit limité de déplacements dans la région. Ça doit finir » dit Faisal. « Nous sommes des combattants pour la liberté, qui croient aux valeurs humaines et de la liberté » dit-il au sujet de la troupe.

La troupe de théâtre progressiste, qui fait aussi pression pour la libération de la Palestine, a été victime des autorités israéliennes. À cause de la popularité de la troupe et des messages que portent leurs pièces et leurs spectacles, plusieurs membres de la troupe ont été arrêtés dans le passé, dit-il.

Refugié

Originaire d’un camp de réfugiés à Jénine, il a expliqué à quelles épreuves sont confrontés les habitants. « La terre est bonne pour la culture des raisins et des melons. Mais les autorités israéliennes ne permettent pas aux habitants de creuser des puits ni de construire des réservoirs pour l’agriculture. Dès qu’on creuse un puits, les autorités le remplissent de ciment, interdisant l’accès à l’eau. L’eau, bien que disponible, est rationnée pour les Palestiniens » ajoute-t-il.

Malgré les épreuves subies par les résidants de cette terre en litige depuis plus de 60 ans, Alhayjaa dit qu’aucun Palestinien ne s’est retrouvé sans toit. « Les Palestiniens sont une petite communauté, mais très unie. Des personnes qui perdent leurs maisons du fait des bombardements sont rapidement hébergées, parce que les habitants sont bien conscients de ce qu’ils ont enduré » ajoute-t-il.

À jamais déterminés : représentation en ville jusqu’au 16 Janvier

Dans le cadre du Freedom Jatha 2016, la pièce Hamesha Samida, traduite par À jamais déterminés, a été présentée en ville mercredi à Chitra Kala Parishat. Ce théâtre de rue sera encore donné dans plusieurs endroits de la ville, jusqu’à la clôture du Jatha le 16 janvier. Jatha est un travail de collaboration du Freedom Theatre de Palestine et du Jana Natya Manch de Delhi, qui sera présenté à Bangalore du 13 au 16 janvier. Douze artistes, dont six Indiens et six Palestiniens joueront la pièce en arabe et en hindi.
Sudhanva Deshpande du Manch explique que la pièce concerne l’histoire de la Palestine et les épreuves que subissent ses habitants. L’utilisation de l’arabe et de l’hindi dans la même pièce est unique, dit-il. Parlant du Jatha, il raconte que bien que la troupe du Freedom Theatre soit arrivée en Inde au mois d’octobre, les représentations ont commencé le 18 décembre. Après achèvement du Jatha à Bangaluru (Bangalore), la troupe se dirigera vers Hyderabad (Haidarabad) et Patna et le conclura à Delhi, dit-il.
Le Jatha a été subventionné par Samudaya Karnataka.

traduction ATL Jénine


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